Ma dernière présentation sur les débats web.
Je positionne mes travaux dans un contexte web-social-sémantique. La présentation était accompagnée d’une démo d’un ensemble de portlets permettant de faire des annotations discursives et sémantiques.
Et voilà, première année finie. Je vous livre tel qu’il a été présenté lors de mon Comité de Suivi de Thèse le rapport de mon travail de première année.
Le débat public est avant tout un moyen de réduire les incertitudes.
[Caillon et al, 2002] « Comme les spécialistes n’ont pas de réponses définitives et robustes aux questions que se posent ces groupes, et comme par ailleurs les hommes politiques sont désarmés devant ce foisonnement de prises de parole inattendues et changeantes, les institutions craquent de tous les côtés. La seule solution est d’accueillir ces groupes concernés et de tenir compte de leurs demandes. Un débat public digne de ce nom doit organiser cet accueil et faciliter la réduction des incertitudes. »
La réduction des incertitudes passe par l’information des citoyens et la co-construction d’un savoir par les groupes concernés. [Caillon et al, 2002] «il faut abandonner la facile opposition entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, pour accepter la notion de groupe concerné et pour reconnaître à ces groupes la capacité de co-produire les savoirs qui leur sont destinés. »
Cette réduction d’incertitude et cette création de savoir sont d’ailleurs moteurs de la dynamique des débats. [qu'en pensent les citoyens] « Au fur et à mesure que les savoirs réduisent les incertitudes, de nouvelles options émergent, qui suscitent de nouvelles inquiétudes. Des groupes concernés disparaissent ou se transforment en groupes de pression, d’autres réapparaissent et relancent la recherche.»
[Vedel, 2003] associe trois axes au débat :
Sans ces trois axes, il n’y a pas de débat pour Vedel : « Multiplier les sources d’information n’accroît pas les capacités cognitives des individus. Fluidifier la circulation de l’information ne crée pas la transparence tant que l’opacité reste une ressource stratégique. Discuter entre citoyens du monde n’est qu’un agréable échange si l’on ne sait pas construire une décision collective. »
Nous proposons la définition suivante :
Un débat public est une discussion entre citoyens informés portant sur une question dont l’issue n’est pas certaine et dont l’objectif est de prendre des décisions.
Peut-on considérer alors que le débat existe déjà sur internet?
Internet est le moyen de communication à plus large canal. Dés le début il a été possible de visionner des documents et de les éditer. Très rapidement ont été mis en place des solutions de discussions mail et IRC. Internet permet à n utilisateurs de communiquer avec n utilisateurs. En comparaison, le téléphone est un mode de communication 1 1, la télévision un mode de communication 1 n.
Et c’est encore plus vrai avec le web 2.0. C’est le web de l’interaction, le web collaboratif, le web participatif, le web social. L’utilisateur est au cœur de la production de données grâce à des outils simples d’usage comme les blogs, les forums, les wikis…
[Price, 2006] considère qu’internet va beaucoup apporter aux débats publics :
Mais est-ce suffisant? Ce n’est pas parce que des citoyens peuvent discuter en ligne de problèmes de société que l’on peut considérer qu’il y a débat public.
On retrouve aussi chez [Fung, 2006] l’importance du lien entre la discussion et la décision. Il mesure la qualité du débat en fonction de trois axes dont l’un est l’impact des discussions des citoyens sur la décision des gouvernants. Les deux autres étant d’un côté les participants du débat (comment ils sont sélectionnés et qui sont-ils), de l’autre les modes de communication et de prise de décision (parole libre pour tous, exposés de quelques uns, vote, …).
De plus, internet tel qu’il est aujourd’hui apporte aussi son lot de problèmes. Le web 2.0 apporte une simplicité d’usage mais aussi la profusion de sources d’informations. Trouver la bonne information devient une activité à part entière. Comme le souligne [Vedel, 2003] « les citoyens sont plutôt des animaux politiques paresseux qui s’efforcent d’économiser leur énergie : une grande part de leur activité consiste non pas à rechercher plus d’information mais à mettre en œuvre des procédés pour filtrer, réduire et gérer l’information surabondante qu’ils reçoivent ». Grâce au web 2.0, tout le monde peut exprimer son avis, et tout le monde l’exprime dans son coin (son blog personnel, le forum de sa communauté, sa page facebook,…). Face à cette masse de données, être correctement informé devient un challenge en soi dans le contexte du web2.0.
Les systèmes de syndication ont apporté un début de solution à ce problème et une initiative comme le projet LinkingOpenData* montre que le web 2.0 peut tirer profit du web sémantique pour devenir le véritable web des données. Un web qui ressemblerait de plus en plus à ce qu’imaginait [Bush, 1945] avec le Memex, un moyen de partager des connaissances, de les recommander et de les lier les unes aux autres.
Notre approche du débat se concentre essentiellement sur l’aspect réseau, réseau social entre les acteurs du débat mais aussi réseau entre les objets du débat, les arguments, les documents, des lieux, des thèmes,…
Nous définissons le réseau des débats comme étant un réseau hétérogène, c’est à dire un réseau reliant des objets de types différents avec des relations de types différents. Les nœuds du réseau pouvant être de natures différentes (citoyens, sujets, débats, arguments, rôles, documents,…). Les relations du réseau pouvant être de natures différentes et orientées (ami, collègue, est_auteur, a_commenté, est_sous_débat…).
Cependant, un tel réseau pose des problèmes d’analyse. En SNA (Social Network Analysis), la plupart des réseaux considérés sont homogènes (un seul type d’objets) et mono-relationnels. Et les métriques proposées n’ont de sens que pour ce type de réseaux.
Dans [White, 2008], Harrisson C. White considère qu’à un individu est associé une multitude de réseaux dépendant des domaines de compétences ou des centres d’intérêt de l’individu et des relations qu’il entretient avec d’autres individus dans ces domaines. Il nomme cet objet « réseau-domaine » un NetDom (pour Network and Domain). L’individu est alors en permanence en train de changer («switch») de NetDom. Quand White tente de schématiser cet ensemble de réseaux, il dessine un ensemble de plans parallèles, chaque plan étant le support d’un graphe de relations entre les individus. En quelque sorte, White montre qu’un réseau social multi-relationnel peut être décomposé en un ensemble de réseaux mono-relationnels.
Dans [Ferrand, 2007] et [Nadel, 1970], les relations entre les individus sont fortement liées à la notion de rôles. Et, « toute relation ainsi identifiée est censée signifier toute la série de comportements qu’elle subsume. Ainsi, l’”amitié” se manifeste à propos de modes d’action divers, saisissables en des occasions aussi différentes que l’entraide dans les périodes de crise, l’échange de conseils, le plaisir d’être ensemble et certaines réactions affectives particulières. » Dans notre cas, les objets de notre réseau sont soit des individus (acteurs jouant des rôles), soit les vecteurs d’interaction entre ces acteurs. Ce deuxième type d’objet permet donc de mettre en évidence des comportements entre acteurs.
Pour l’assistance et les visualisations dans le cadre des débats, nous nous appuierons sur l’analyse du réseau. Que celui-ci soit mono-relationnel et homogène ou hétérogène et multi-relationnel, qu’il soit considéré comme complet ou personnel (centré sur un individu).
Dans le domaine des débats électroniques, les problématiques suivantes ont été relevées sur lesquelles nous pensons qu’une analyse du réseau peut-être la base d’une solution :
[Vedel, 2003] «pour prendre de bonnes décisions et participer à part entière au processus démocratique, les citoyens doivent être complètement informés.» « pour être parfaitement éclairé, le citoyen a besoin d’information mais aussi d’information sur l’information. » «les citoyens sont plutôt des animaux politiques paresseux qui s’efforcent d’économiser leur énergie : une grande part de leur activité consiste non pas à rechercher plus d’information mais à mettre en œuvre des procédés pour filtrer, réduire et gérer l’information surabondante qu’ils reçoivent. » Dans [Caillon et al, 2002] , les auteurs insistent sur l’objectif de formation des débats. Un débat doit lever des incertitudes et cela passe par la formation, l’éducation des citoyens. C’est particulièrement vrai quand il est question de sciences et de technologies. Les experts se doivent de transmettre ce qu’ils savent mais ne doivent pas considérer qu’ils détiennent l’unique vérité. « il faut abandonner la facile opposition entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas, pour accepter la notion de groupe concerné et pour reconnaître à ces groupes la capacité de co-produire les savoirs qui leur sont destinés. »
[Price, 2006] craint que sur internet le risque que les discussions créent une polarisation des opinions ne soit encore plus présent. En discutant toujours avec les mêmes personnes, les gens ont tendance à adopter la même position et à se radicaliser. Un débat entre personnes ayant tous la même opinion n’est plus un débat. [Sen, 2005] «L’idéal du débat public est étroitement lié à deux pratiques sociales bien spécifiques qui méritent une attention toute particulière: la tolérance à l’égard de points de vue différents (y compris le fait de se trouver d’accord pour être en désaccord) et l’encouragement au débat public (y compris au fait d’adhérer à l’idée qu’il peut y avoir enrichissement et enseignement réciproques).» [Granovetter, 1973] considère qu’un groupe de personnes reliés par des liens forts vont avoir tendance à renforcer leurs opinions communes. Il préconise l’utilisation des liens faibles comme moyen d’ouverture du groupe en prenant en compte des points du vues différents car émis par des gens ayant accès à d’autres informations.
[Caillon et al, 2002] « Au fur et à mesure que les savoirs réduisent les incertitudes, de nouvelles options émergent, qui suscitent de nouvelles inquiétudes. Des groupes concernés disparaissent ou se transforment en groupes de pression, d’autres réapparaissent et relancent la recherche. Cette dynamique est centrale, car c’est d’elle que dépend la possibilité d’aboutir à des solutions satisfaisantes et de construire un monde commun dans lequel des identités multiples et différentes coexistent. » Les groupes émergents sont particulièrement importants car ils sont désorganisés et peu nombreux par rapport aux groupes déjà constitués et ils sont les représentants des nouvelles tendances dans le débat.
Nous exprimons ces trois problématiques de la façon suivante :
Dans les travaux de Fanny George [Georges, 2009], l’identité numérique est fortement définie par l’activité de l’individu au sein de son réseau. [Passant, 2009] s’appuie sur les ontologies FOAF* et SIOC* pour représenter l’individu et son réseau, mais aussi son activité dans une communauté. La définition de communauté chez A Passant vient de [Breslin et Decker, 2007], c’est un ensemble d’utilisateurs constituant un réseau autour d’objets particuliers (object centered sociality) indicateurs de centres d’intérêts communs.
Dans [Ferrand, 2007] et [Nadel, 1970], une communauté est structurée par un ensemble de normes représentées par des rôles et les comportements qu’ils impliquent.
Notre premier problème est donc, si l’on veut pouvoir correctement étudier la structure d’une communauté, de pouvoir prendre en compte, dans la définition de l’identité les rôles existants, les comportements qu’ils impliquent et les transgressions qui sont faites (c’est par ces transgressions que les définitions des rôles peuvent être amenées à changer).
[Granovetter, 1973] définit la notion de « liens forts, liens faibles ». C’est une mesure de la « force » d’une relation entre deux individus basée sur quatre quantités : le temps passé, l’intensité émotionnelle, le degré d’intimité, le nombre et l’importance des services rendus. Un groupe d’amis a donc tendance à être un ensemble de personnes liées par des liens forts. Granovetter estime que deux amis ayant un lien fort ont de fortes probabilités d’entretenir les mêmes relations envers les autres individus du réseau. Leurs réseaux personnels ont tendance à être identiques. Il considère alors que si l’on veut rapidement propager une information à un grand nombre de personnes, il faut la communiquer via ses liens faibles. Ainsi, l’information transite de groupes en groupes. Une information transmise via un lien fort ne va atteindre que les personnes d’un même groupe et risque d’être répétée dans le groupe. Autre intérêt des liens faibles, ils sont l’occasion de connaître des personnes évoluant dans d’autres groupes et donc ayant des connaissances et des opinions différentes.
Notre deuxième problème est donc d’être capable dans un réseau de caractériser des liens forts et des liens faibles. Nous considérons pour cela que les outils du web social actuel permettent de qualifier les relations de fortes ou faibles en fonction de données quantitatives (telles que le nombre de messages échangées, la fréquence, le nombre de photos partagés, le nombre de groupes partagés,…) mais aussi en se basant sur la sémantique des relations déclarées par les individus (amis facebook, collègues linkedin, anciens camarades de classe copains d’avant,…).
Toujours dans un contexte de débat, les outils de web2.0 actuels permettent de discuter entre utilisateurs. La plupart du temps, ils permettent d’émettre des commentaires libres et donc d’exprimer toute sorte d’opinion. L’ontologie SIOC permet très bien de représenter ce genre de relations (u1 a ajouté un commentaire à l’article du blog de u2, u1 a répondu au topic de u2, …). Mais SIOC est incapable de représenter que « u1 s’est opposé à l’argument de u2 via sa réponse». Et nous ne connaissons pas d’ontologies web actuellement capable de représenter ce genre de relations. En fait, nous ne connaissons pas d’outils web2.0 permettant de déclarer « je vais m’opposer » ou « je vais soutenir » l’argument de cet autre utilisateur. Souvent, cette information s’exprime par le biais d’un système de vote, mais il est rare que le vote ait à être justifié. Et quand bien même, un débat ne s’arrête pas à des arguments pour et contre. Un véritable argumentaire est fait d’exemples, de propositions, de témoignages, de démonstrations (c’est à dire d’énoncé ayant valeurs de preuves ou de contre-exemples)… Un argumentaire est constitué de nombreux actes de langages. Si le web 2.0, en ayant fait le choix de la simplicité d’utilisation, laisse bien la possibilité aux utilisateurs d’exprimer tous les actes de langages qu’ils souhaitent librement, il pose aussi le problème de l’interprétation de ces actes de langage. Un message dans un certain contexte peut très bien paraître comme un compliment alors qu’en réalité il est ironique. Et suivre un débat à grande échelle dans ce contexte nous paraît impossible. Cela demanderait à relire l’intégralité des arguments pour avoir une vue d’ensemble de l’argumentaire.
C’est notre troisième problème, comment représenter les différents actes de langages nécessaires à la construction d’argumentations et comment permettre aux utilisateurs de les exprimer sans que l’utilisation s’éloigne trop du principe de simplicité d’usage du web 2.0.
Nous proposons trois méthodes d’analyse du réseau des débats:
Caractériser dans le réseau l’existence de structures sociales [Nadel, 1970] « la structure d’une société s’obtient par une opération d’abstraction à partir des personnes concrètes et de leurs comportements; cette abstraction permet de construire le modèle, le réseau (ou le système) de relations qui s’institue “entre des acteurs envisagés dans leur aptitude à jouer des rôles à l’égard les uns des autres” ».
Nous nous intéresserons donc principalement aux fonctions, comportements subsumés par les rôles. Nous rechercherons des patterns, des graphes de relations entre rôles récurrents dans les graphes des débats.
Caractériser l’intensité des relations entre les individus en se basant sur les notions de liens forts et liens faibles. Pour se faire, nous étudierons les relations déclarées entre les individus (je suis ami de, marié avec, …) et les interactions entre ceux-ci par le biais d’autres objets du débat (par cette argument je m’oppose à, j’ai lu le même document que, je m’intéresse aux mêmes sujets que,…).
Définir une ontologie de l’argumentation par laquelle nous pourrons représenter des oppositions entre les arguments et analyser les échanges argumentatifs entre les individus.
Nous présentons ici trois protocoles d’expérimentation permettant de récupérer les données nécessaires à la mise en place de nos méthodes d’analyse:
Le premier protocole consiste à s’appuyer sur un moissonnage de données provenant de plateformes existantes de réseaux sociaux comme facebook, myspace ou twitter dont les APIs permettent de facilement interroger les données utilisateurs. Nous allons ainsi représenter le réseau d’un utilisateur dans le prolongement de [Georges et al, 2009].
Nous pensons que les plateformes web de réseaux sociaux vont tendre vers des formats d’échange de données afin de permettre aux utilisateurs de n’avoir plus qu’un seul compte utilisateur sur le web. Cette idée est présentée dans [Passant, 2009], elle repose sur l’utilisation de FOAF et OpenID*. A Passant présente même dans [Passant et al, 2009] une vision ou la gestion des droits d’accès aux données d’un utilisateur serait intimement liée à la gestion de son réseau.
Ce protocole expérimental ne nécessite pas de réunir un groupe d’utilisateur. Nous nous reposons uniquement sur l’utilisation d’applications permettant de moissonner des données d’utilisateurs sur les différents outils de réseaux sociaux qu’ils utilisent.
Le deuxième protocole expérimental consiste à faire discuter un ensemble d’utilisateurs durant une séance sur un sujet à partir d’un ensemble de documents de référence.
La reproduction de ce protocole repose sur l’utilisation de différents textes et outils de discussions (forum, annotation, environnement « second life », …).
Nous évaluons ensuite la qualité des argumentations et nous typons avec les utilisateurs les actes de langage qu’ils ont utilisé.
Ensuite, nous essayons de proposer des « templates » de saisies des arguments correspondant aux types d’actes de langage définis. Nous essayons donc de modifier les interfaces de saisies des outils afin d’introduire de la sémantique interprétable par des agents logiciels.
Ce type d’expérimentation correspond à l’expérimentation nanotechnologie menée cette année.
Le troisième protocole repose essentiellement sur l’utilisation du tagging.
Nous cherchons à détecter des communautés à partir des ressources autour desquelles elles se rassemblent.
Pour ce faire, nous proposons aux utilisateurs d’utiliser l’annotation ou le tagging, à la façon des outils de bookmarking social comme delicious* ou diigo*, afin de signaler le domaine d’une ressource. Ainsi nous savons ce qui intéresse les utilisateurs et à quels domaines ils rattachent ces ressources.
Nous avions tenté lors du stage de Master 2 et durant le congrès ECAP08 de faire tagger des textes à nos utilisateurs en même temps qu’ils pouvaient annoter celui-ci.
Au cours de cette première année nous avons utilisé plusieurs technologies afin de mettre rapidement en place nos premières expérimentations. Le premier besoin était de disposer de données provenant de discussions. Nous avions fait le choix d’utiliser l’annotation comme moyen de discussion. Pour cette nouvelle année, l’annotation va être expérimentalement comparée à d’autres solutions (forums, blogs, second life,…). Cependant, nous discuterons ici des choix technologiques qui ont été fait concernant l’annotation.
Durant le stage de Master 2, nous avions greffé une solution d’annotation non aboutie dans le CMS SPIP* en php.
Suite au stage de Master 2, nous avions cette fois utilisé la plateforme Xwiki* pour greffer l’annotation. Le core de Xwiki est en Java et utilise les langages de script Velocity et Groovy pour la partie web.
Ces deux solutions nous ont semblé dans un contexte de prototypage rapide. Nous pouvions profiter des autres fonctionnalités des plateformes sans avoir à les développer. Cependant, le rapport des fonctionnalités nécessaires à nos expérimentations sur le nombre de fonctionnalités proposées par ces plateformes est très faible (plus élevé dans le cas de Xwiki). Ensuite, l’intégration de l’annotation a à chaque fois été un véritable défi. Il a fallut se ré-approprier un environnement certes libre, mais dont le code était peu documenté. De plus, ces solutions limitent l’utilisation de l’annotation et donc des discussions au cadre de la plateforme contenant. Ce choix peut être judicieux, après tout le projet Intermed doit au final proposer une plateforme. Mais peut aussi paraître contraignant si on aspire à un débat plus ouvert sur le web.
L’autre solution que nous avons mis en place avait quand à elle cet avantage de permettre de débattre à partir de n’importe quelle ressource du web. Nous nous étions basé sur le protocole Annotea* du W3C et avions développé un plugin pour Firefox à partir du plugin Annozilla* déjà existant. Le protocole Annotea est un protocole de communication client-serveur basé sur le protocole HTTP. Il permet à un serveur de stocker des annotations provenant de clients respectant le protocole de communication. Les annotations doivent pouvoir être récupérées selon un format RDF. Le plugin Annozilla développé en javascript permet de transformer le navigateur Firefox d’un utilisateur en un client d’annotation. Le protocole Annotea n’a pas eu à évoluer depuis 2001, et de nombreux projets reposent sur ce protocole, notamment concernant l’annotation de ressources vidéos. Cette solution paraît être la plus pérenne. Annotea restant le protocole de référence dans ce domaine. De plus, le format RDF permet d’envisager de multiples évolutions sémantiques concernant les annotations, ce qui correspond à nos besoins d’ontologie de l’argumentation. Cependant, le développement de clients adaptés à tous les navigateurs reste un développement couteux en temps, ce qui ne correspond pas à nos besoins de prototypage rapide. Et nous avons dans Intermed un besoin de gestion des documents de départ. Dans une telle solution, cela veut dire que la gestion des documents est totalement détachée de la gestion des annotations. Les documents peuvent alors être édités et stockés dans un wiki comme ce fut le cas au cours des débats nanotechnologie ou bien être stockés dans n’importe quel autre site. Par exemple, le blog du débat sur les nanotechnologies est annotable comme toute autre page web. Pour les premières expérimentations Intermed, nous avions développé un portlet de gestion des débats permettant notamment d’uploader des documents HTML. La technologie portlet nous semble être un choix pertinent concernant la création d’une plateforme de débat intégrant de multiples fonctionnalités. Surtout que les meilleurs portlets containers actuels permettent tout comme les CMS de créer plusieurs sites web à partir d’un même serveur d’application et de paramétrer les fonctionnalités offertes par les portlets en fonction des différents sites. Cependant, le développement de portlets a un cout non négligeable et peut-être non adapté à un prototypage rapide.
La dernière alternative concernant l’annotation est l’intégration d’une autre plateforme dont nous maîtrisons la relation avec les développeurs afin de faire de celle-ci un client Annotea. Wybo Wiersma est venu au LIRMM une semaine afin de nous aider à prendre en main sa plateforme LogiLogi*. L’annotation y est déjà intégrée ainsi que des fonctionnalités de base d’un forum et des fonctionnalités plus avancées (réponse à de multiples messages, tagging, gestion de groupes, profils OpenID). Cette solution nous semble la plus pertinente dans une optique de prototypage rapide et d’expérimentations à faible durée. Mais nous considérons cette solution comme contraignante en terme d’ouverture des débats sur le web en général.
Il reste que dans notre vision d’un débat ouvert sur le web, ou n’importe quelle ressource peut devenir un élément de débat, il restera nécessaire d’avoir une interface permettant d’avoir une vue globale sur les débats. Une sorte de portail web permettant de centraliser toutes les informations relatives aux débats en cours, que les discussions aient lieu dans un blog, un wiki, un forum, un espace 3D, un channel IRC, …
[Breslin et Decker, 2007] The Future of Social Networks on the internet : The need for Semantic, John G.
Breslin et Stefan Decker, dans IEEE Internet Computins, 11(6):86-90. 2007.
[Bush, 1945] Vannevar Bush (1945). As We May Think. The Atlantic Monthly, 176(1):101–108.
[Caillon et al, 2002] Qu’en pensent les citoyens ? Michel Caillon, Yannick Barthe et Pierre Lascoumes paru
dans le magazine Sciences humaines n°124 Février 2002 Rubrique Société du risque : fantasmes et réalité.
[Ferrand, 2007] Confidents – une analyse structurale de réseaux sociaux, Alexis Ferrand, L’harmattan (eds.)
collection Logiques sociales. Juin 2007.
[Fung, 2006] Varieties of Participation in Complex Governance, Archon Fung, dans Public Administation
Review, Volume 66, Supplement 1, December 2006 , pp. 66-75(10), Blackwell Publishing.
[Georges, 2009 ] Représentation de soi et identité numérique: analyse sémiotique et quantitative de
l’emprise culturelle du web 2.0., Fanny Georges, dans Réseaux: Usages du Web 2.O, Vol. 27 154. Paris : La
découverte, avril 2009.
[Georges et al, 2009] Sémiotique et visualisation de l’identité numérique: une étude comparée de Facebook
et Myspace. Fanny Georges, Antoine Seilles, Guillaume Artignan, Bérenger Arnaud, Nancy Rodriguez,
Mountaz Hascoët, Jean Sallantin. Article soumis en vue de la publication dans les actes de la conférence
internationale Hypermedias, Hypertexts, products, tools and methods 2009 (H2PTM’09): Rétrospective et
Perspective 1989 - 2009. Paris : Hermès. À paraître en 2009.
[Granovetter, 1973] The Strength of Weak Ties, Mark S. Granovetter dans American Journal of Sociology,
Volume 78, Issue 6, 1360-1380. Mai 1973.
[Nadel, 1970] La théorie de la structure sociale, Siegfried F Nadel, Paris, Éditions de Minuit. 1970.
Traduction de The Theory of Social Structure, London, Cohen et West. 1957
[Passant, 2009] Technologies du web sémantique pour l’entreprise 2.0, Alexandre Passant, Manuscrit de
thèse soutenue à l’Université Paris IV, Juin 2009.
[Passant et al, 2009] Enabling Trust and Privacy on the Social Web, Alexandre Passant, Philipp Kärger,
Michael Hausenblas, Daniel Olmedilla, Axel Polleres et Stefan Decker, dans W3C Workshop on the Future
of Social Networking. Janvier 2009.
[Price, 2006] Citizen Deliberating Online : Theory and some Evidence Vincent Price, dans T.Davies et
B.S.Noveck (eds.), Online Deliberation : Research and Practice, Chicago : Chicago University Press. 2006
[Sallantin, Seilles 2009] N-Opposition Theory to Structure Debates, Jean Sallantin et Antoine Seilles. Dans
New perspectives on the square of opposition, Jean-Yves Beziau (à paraître). 2009.
[Sen, 2005] La démocratie des autres – Pourquoi la liberté n’est pas une invention de l’occident, Amartya
Sen, Payot (eds.). 2005
[Vedel, 2003] L’idée de démocratie électronique : origines, visions, questions Thierry Vedel, dans Pascal
Perrineau (dir.), Le désenchantement démocratique, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube. 2003
[White, 2008] Identity and control : how social formations emerge, 2nd edition, Harrisson C. White, Princeton
University Press. Mai 2008.
Annotea : http://www.w3.org/2001/Annotea/
Annozilla : http://annozilla.mozdev.org/
Copains d’avant : http://copainsdavant.linternaute.com/
Delicious : http://delicious.com/
Diigo : http://www.diigo.com
Facebook : http://www.facebook.com/
FOAF : http://rdfweb.org/foaf/
Linkedin : http://www.linkedin.com/
LinkingOpenData : http://esw.w3.org/topic/SweoIG/TaskForces/CommunityProjects/LinkingOpenData/
OpenID : http://openid.net/
SIOC : http://sioc-project.org/
SPIP : http://www.spip.net/
Xwiki : http://www.xwiki.com