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qu’est-ce que le web2.0?

Lundi 9 novembre 2009

C’est impressionant le nombre de gens que l’on peut croiser qui parlent de web2.0 sans savoir ce que c’est. Mais bon c’est normal vu que c’est avant tout un terme Marketing. Ce qui nous vaut toutes les déclinaisons “2.0″, dont je suis victime moi aussi…

Bref, le terme web2.0 est avant tout un terme marketing pour parler du web mais il est quand même relié à une certaine vision du web.

Du coup, je vous propose de faire un petit point là-dessus.

Le titre de cet article est la traduction de l’excellent article de Tim O’reilly qui me sert ici de référence.

L’article de Tim s’intitulant : What is web2.0?

L’article de Tim date du 30 septembre 2005. Le concept de Web 2.0 a été créé un mois auparavant lors d’un brainstorming durant une conférence. Le brainstorming partait du constat suivant : le business du web vient de subir un crash (beaucoup de startup nous ont quitté), et pourtant, le web est plus riche que jamais (en terme d’applications).

Un virage a eu lieu dans l’utilisation du web et dans les applications qu’il propose. Certaines sociétés ont survécu à ce virage, d’autres se sont effondrées, pourquoi?

L’article présente les caractéristiques d’une application web2.0. Le travail commence par la création d’une liste de sites classés en web1.0 ou web2.0. Le concept a donc été défini par abstraction d’instances et par négation. On généralise à partir d’applications dites web2.0 ce qu’est l’archétype de l’application web2.0 et à partir d’applications dites web1.0 on définit ce que n’est pas une application web2.0.

On dit souvent que la grosse nouveauté du web2.0 est que l’utilisateur n’est plus juste consommateur, qu’il est désormais aussi acteur, producteur de contenus, de données. Joël De Rosnay dira même qu’il est consom-acteur.  Pensez à toutes ses applications dont le contenu est éditable en ligne par les utilisateurs (wikis, blogs, forums,…).

Avant, tout, n’oublions pas que le web2.0 est surtout une nouvelle façon de voir le web et de penser ses applications.

Je liste ici les principes web2.0 :

  • Tout d’abord, il faut voir le web comme une plateforme. Les mises à jour des applications sont transparentes pour l’utilisateur. Il n’y a pas un logiciel à acheter, à installer et à mettre à jour.
  • Une application web 2.0 rend un ou des services. Une application ne rend pas tous les services, elle rend les services qu’elle peut et elle “communique” avec d’autres applications pour rendre d’autres services. Il vaut mieux être excellent dans un domaine que passable dans tous les domaines. En garantissant la réutilisabilité des données on permet à d’autres de bâtir de nouveaux services.
  • L’utilisateur crée les données sur lesquelles s’appuie le service par l’utilisation du service. Plus le service est utilisé plus il s’améliore. Il faut donc que même par son comportement par défaut, l’utilisateur crée des données utiles au service.

En s’appuyant sur ces principes, il apparaît clairement qu’une application web2.0 doit être pensée dés le début de la façon suivante :

  • Quel service je veux rendre et de quelles données ai-je besoin?
  • Comment collecter ces données sans que l’utilisation du service soit trop lourde pour l’utilisateur?
  • Est-ce que je ne peux pas déjà récupérer ces données par ailleurs?
  • Comment partager mes données afin que d’autres puissent enrichir mon service et bâtir le leur (et non pas me piquer mes données et mon service)?
  • Comment profiter du réseau des utilisateurs pour propager l’utilisation de mon service?

On parle souvent du web social. On dira même parfois que c’est ce qui prime dans le web2.0. Il faut bien comprendre que le web2.0 est social parce que les utilisateurs sont en quelque sorte “client-serveur”. C’est bien le fait que plus il y a d’utilisateurs plus le service s’améliore qui rend le web social et non l’inverse. Du coup, il ne faut pas penser une application comme étant juste un outil de réseautage supplémentaire. Il faut penser à comment exploiter le réseau des utilisateurs pour propager l’usage, toucher de plus en plus d’utilisateurs, récupérer de nouvelles données et donc toujours améliorer le service.

Maintenant, à partir de cette idée et en observant le web actuel, on se rend compte que les données du réseau des utilisateurs existe déjà. Il ne faut pas chercher à recréer le réseau. Grosse erreur. D’autres l’ont déjà fait et l’utilisateur en aura marre de devoir sur chaque nouvelle application redéclarer ses amis etc… Pensez “échange de données” et profitez d’un réseau déjà existant pour toucher vos utilisateurs.

Si on essaye de synthètiser, qu’est-ce qu’une application web2.0? Comment la conçoit-on?

  • C’est une application qui offre un service à l’utilisateur (discuter, écouter de la musique, partager des ressources, organiser son WE, …). L’utilisateur crée du contenu même par un comportement par défaut et améliore le service grâce à ses donnée. L’application peut être complexe, voire contraignante pour l’utilisateur, mais dans ce cas, il faut que l’application lui donne les moyens de comprendre l’intérêt pour lui de cette complexité. La plupart du temps, une application web2.0 tentera de faciliter la tâche de l’utilisateur en l’assistant dans sa production de données (moissonage de son carnet d’adresse google, de ses contacts msn, champs pré-remplis…). Le service offert peut être exploité par d’autres. Les données transmises sont accessibles dans des formats standards permettant à d’autres de faire un mashup de ces données. En régle générale, les applications web2.0 ont une dimension sociale. Les utilisateurs ont la possibilité de communiquer entre eux dans des espaces publics ou privés. Cette dimension pouvant avoir un intérêt direct sur l’efficacité du service ou juste l’intérêt de propager l’application et d’augmenter le nombre d’utilisateurs et le nombre de connections.
  • Il faut penser au service que l’on veut rendre, se demander quelles données sont nécessaires et comment les récupérer sans surcharger la tâche de l’utilisateur. Il faut penser à l’aspect social dés le début, vais-je exploiter un réseau existant ou en recréer un? Le réseau permettra de toucher plus d’utilisateurs mais peut aussi permettre de récupérer des données utiles au service (exemple des comportements types sur Amazon). Il faut ensuite penser à partager ses données mais tout en sachant rester maître du core. L’idée est de permettre à d’autres de bâtir d’autres services qui vont là aussi permettre de toucher d’autres utilisateurs mais pas que quelqu’un puisse piquer mon service et rendre le mien obsoléte.